Îles Scilly

« J’ai découvert les îles Scilly par la mer, à la voile, après une traversée depuis la pointe bretonne. J’ai aimé voir se découper, aux lumières du petit matin, l’élégante silhouette de St Mary’s, à gauche, les belles rondeurs de St Agnes prolongées par les pointes acérées des Western Rocks. À l’ouest, le phare de Bishop, dernière marque avant l’Amérique. Et quand mon regard s’est tourné vers le levant, j’ai aperçu les côtes anglaises dans le lointain. Le ciel s’éclaircit déjà, et ce n’est que plus tard que je comprendrai toutes les merveilles qui se concentrent dans cet archipel hors du temps. »

Comment aller aux Îles Scilly depuis la France ? La meilleure façon de découvrir cet archipel anglais est de naviguer depuis Brest à bord d’un voilier traditionnel. À 100 milles nautiques d’Ouessant, les Scilly offrent un dépaysement total : eaux turquoise, villages pittoresques, phoques et macareux. Embarquez pour une croisière inoubliable.

1 Panoramique

Où se trouvent les Îles Scilly ?

L’archipel des Scilly (aussi appelé Sorlingues en français) se compose de 6 îles habitées et de près de 140 îlots et récifs. Il se situe au sud-ouest de l’Angleterre, à 20 milles nautiques (38 km) de Land’s End, la pointe de la Cornouailles anglaise, et à 100 milles nautiques de la pointe bretonne.

Il a entre autres particularité de bénéficier d’un climat particulièrement doux dû à l’influence de la dérive nord-atlantique, favorisant une floraison précoce et l’adaptation d’une végétation subtropicale. Mais il subit aussi les violentes tempêtes d’hiver. Les histoires de naufrages et de sauvetages épiques sont prégnantes dans l’histoire de ces îles.

iles scilly map

Histoire de l’archipel des Scilly

2000 ans avant J.-C., l’archipel qui devait être alors une unique île était déjà peuplé. À l’occasion des excursions sur les îlots, nous trouvons presque systématiquement en leur sommet des alignements et des tombes mégalithiques.

Les Scilly sont connus des Phéniciens, Grecs et Romains. Les incursions se succèdent : Normands, Norvégiens, Néerlandais embarqués dans les conflits entre royalistes et parlementaires au XVIIe siècle. Entre autres témoins de cette dernière période : la tour fortifiée de Tresco – Cromwell Castle – sous laquelle nous aimons venir poser notre ancre.

L’archipel fait partie du duché de Cornouailles, mais conserve une autonomie. Les habitants sont certes anglais, mais « Scillonians » avant tout ! Nous hissons d’ailleurs systématiquement en guise de pavillon de courtoisie, en plus du Red Ensign, le pavillon des Scilly, de couleur bleu et orange.

Mais ce qui imprègne le plus l’histoire des habitants, c’est l’histoire de tous ces navires venus s’échouer sur l’archipel, revenus des quatre coins du monde et embouquant la Manche par gros temps ou visibilité réduite ; l’histoire des habitants partis secourir les survivants à l’aviron ; l’histoire des pilotes de St Agnes qui partaient à la rencontre des navires pour les guider jusqu’à la rade de St Mary’s.

3 Macareux

À quoi ressemblent les Îles Scilly ?

Imaginez le plus beau des îles bretonnes : l’eau turquoise et le sable fin des Glénan, la rondeur des granits de Bréhat, la sauvagerie d’Ouessant, la fragilité de Sein, la douceur de Groix, la simplicité de Batz… Vous compilez le tout, vous ajoutez le dépaysement de la culture British, un fourmillement d’oiseaux marins et colonies de phoques, l’ambiance inimitable des pubs, les traditions locales comme les courses de yoles traditionnelles (Pilot Gig), l’incroyable jardin exotique de Tresco.

Faune et flore des Îles Scilly

Nous avons déjà parlé du climat à la très faible amplitude de température qui favorise l’épanouissement d’une flore locale et exotique. Et la faune n’est pas en reste.

Une diversité d’oiseaux marins, que nous rencontrons tout au long du séjour : macareux moines, pingouins tordas, fulmars boréaux, puffins des Anglais, océanites tempête, guillemots de Troïl…

Sous l’eau, ça fourmille aussi. L’archipel étant préservé de toute pêche au filet – seuls les quelques pêcheurs locaux, à la ligne et au casier, assurent une consommation purement locale. En témoigne la population de phoques parfaitement installés que nous pouvons observer lors de nos expéditions dans les zones telles que les Western Rocks. Au mouillage dans quelques zones isolées, nous prenons le temps de nous immerger équipés de palmes, masques et tubas. Les jeunes phoques curieux viennent à leur tour effectuer des pirouettes entre algues laminaires et nos yeux émerveillés.

Les îles de l’archipel

St Mary’s

C’est l’île principale de l’archipel. C’est là, au vieux quai de pierre, qu’accoste l’élégant Scillonian III, le ferry qui assure la liaison avec Penzance. Les bâtisses anciennes donnent sur la grève bien abritée. Par les étroites venelles, on accède à ce petit bourg. On aime l’ambiance du matin, l’English breakfast après une nuit de navigation, la bonne douche aussi ! Déambuler dans les ruelles bordées de plantes exubérantes.

Ne pas manquer

Une visite à la voilerie « Rat Bag ». On y entre par une porte basse, et on y découvre l’atelier de sellerie « Canvas Shop » vue sur mer. Ambiance repaire de pirate. Les filles y réalisent des sacs, chapeaux, vareuses et coussins des rameurs de Gig. Chouettes réalisations, belle toile de grande qualité.

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Un arrêt à l’Atlantic Inn

Pub au plafond bas, grosse moquette, photos au mur des sauvetages et naufrages spectaculaires, terrasse donnant sur la grève, de laquelle on observe toute la vie du port en sirotant une ale avec un fish & chips local.

Les randonnées

Du bourg, suivant les envies, vous pourrez partir faire une petite balade ou une belle randonnée. Au départ de la plage Port Cressa, vous longez le sentier des douaniers bordé de tapis d’armérie maritime, jusqu’à la pointe et le phare de Peninnis. Puis direction Old Town en passant par la petite église entourée de ces croix celtiques qui émergent de l’herbe grasse, toutes couvertes de lichens multicolores. Mais vous pouvez aussi faire le tour de la presqu’île « Garrison » fortifiée. De son sommet, on embrasse une vue magnifique sur tout l’archipel.

Tresco

La plus connue des îles, c’est la plus éloquente en termes de contraste. La lande de bruyère au nord, jardin exotique au sud. Celui-ci, bien à l’abri d’une ceinture de cèdres, a été créé au XIXe siècle autour du prieuré d’une abbaye du XIIe siècle. Rassemblant une végétation subtropicale ramenée du monde entier par les navires et qui s’est épanouie dans ce lieu exceptionnel. On peut y admirer aussi la collection Valhalla, ensemble d’une trentaine de figures de proue superbes, rassemblées en ce lieu au XIXe siècle.

5 Tresco jardin 2
5 Tresco jardin 2

En balade autour de l’île, on apprécie la vue incroyable sur le lagon à l’est, les îles de St Martin’s, Round Island, St Helen’s avec au premier plan des massifs de rhododendrons exubérants. En suivant le sentier côtier, vous découvrez les plages et quais de pierre, les criques désertes, les défenses du Old et New Grimsby Sound, dominées par la tour du Cromwell Castle. Un arrêt au New Inn s’impose, le pub du vieux port où se concentre la vie de l’île.

Bryher

Faisant face à Tresco, de l’autre côté du New Grimsby Sound, ce chenal qui sépare les deux îles, Bryher mérite largement que l’on s’y attarde. On aime gravir les petits sommets (hills) et embrasser du regard le panorama à 360°.

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Côté est : les plages et anses bien abritées, les petits navires de pêche côtière avec leur tapecul, petite voile fixe à la poupe, qui viennent mouiller sous le « Hangman Rock » ; le chouette pub « Fraggle Rock ». En levant le regard, Tresco bien sûr, et au-delà : l’île de Round Island et son phare, le lagon et l’île de St Martin’s.

Au nord-ouest, c’est Hell’s Bay et les Western Rocks, où la puissance des éléments que l’on préfère contempler depuis la falaise couverte de bruyères. Au sud, on fait face à Samson, île autrefois habitée, aux belles plages de sable blond. On y observe les phoques, qui viennent tout près vous regarder entre deux apnées.

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Sur la route, vous pourrez rentrer dans un de ces « sheds », anciens abris de gig reconvertis en ateliers de peinture. Au centre de l’île, une multitude de parcelles cultivées bien protégées par de hautes haies. On peut acheter légumes, confitures et fleurs à ces petits étals où l’on se sert et règle en se rendant la monnaie… La confiance est de règle aux Scilly ! On ne manquera pas une pause chez Kathy’s Kitchen, café et gâteaux maison succulents, terrasse et petite verrière d’un calme absolu. Vous pourrez enfin admirer de près la Gig « Alfie Jenkins » dans son joli shed en accès libre. Un magnifique travail de charpentier de marine.

St Agnes

Coup de cœur toujours renouvelé pour St Agnes. On en fait vite le tour à pied, mais tellement de facettes, de points d’intérêt ; et le calme qui en émane : on en redemande !

Les mouillages pour les navires sont à l’est. Au nord : Porth Conger, tout petit port à l’eau turquoise. La très vieille cale de granite grimpe raide jusqu’à l’ancienne « boat house » devenue l’incontournable pub « Turk’s Head » : une perle. Au sud : The Cove, anse au fond de sable protégée entre l’île de Gugh et St Agnes, que relie un cordon de sable recouvert à marée haute. Un havre de paix.

7 st Agnes côte

En suivant le chemin central, vous croiserez un atelier d’art recyclerie des épaves trouvées sur les grèves, l’école qui ferait rêver d’y retourner, le vieux phare au sommet, gardien tranquille de l’île, une cabine téléphonique anglaise, des bonhommes de galets ; la ferme où l’on peut déguster les meilleures glaces qu’il m’ait été donné de goûter (vous croiserez les vaches en liberté). Le « Coastguard Café » et sa terrasse : une autre dinguerie de tranquillité avec une vue à couper le souffle.

7 St Agnes phare

Sur le sentier côtier qui fait le tour de l’île alternent criques de galets et hauts rochers, couverts de lichens généreux et d’herbe moelleuse. Là, un vieux filet de pêche a été recyclé en hamac entre deux rochers. Près de l’ancien canot de sauvetage, c’est le domaine de Jof, fabricant de magnifiques casiers à homard en osier zéro plastique. Prenez le temps d’entrer dans l’église et admirer les vitraux qui représentent des scènes de sauvetage en mer.

Les îles sauvages : Samson, St Helen’s, Western Rocks

Nous aimons aussi partir à la découverte des îles non habitées, des mouillages sauvages à l’écart où l’on se sent en pleine nature. Pêche à la crevette d’anthologie, plongée (palmes, masque, tuba) pour observer les phoques. Gravir le sommet, y observer quelques tombes mégalithiques, partir en kayak ou paddle, assister au coucher du soleil sur l’archipel en ces lieux isolés… Quel privilège !

Une tradition incontournable : les courses de Pilot Gig

Tous les mercredis et vendredis soir, à la pointe nord de Tresco arrivent des cinq îles de l’archipel une dizaine de yoles à six rameurs plus un barreur. Ces magnifiques embarcations, chefs-d’œuvre de charpenterie de marine dont les plus anciennes ont plus de 150 ans, se lancent dans une course d’entraînement d’un mille nautique qui constitue un spectacle à ne pas rater.

Tous les ans, au premier week-end de mai, ce sont 120 de ces embarcations qui convergent vers les Scilly pour trois jours de courses mémorables. C’est le World Pilot Gig Championship : une ambiance du tonnerre !

Comment aller aux Îles Scilly depuis la France ?

Au départ de Brest à bord du Lord Jim II, les croisières proposées durent 6 jours, ou version longue : 9 jours. Compter 3 jours pour la navigation avec une escale de mise en jambe en Iroise. Donc 3 à 6 jours sur place.

Les Scilly, comme vous l’avez lu, ne se limitent pas à un pub et à un jardin exotique. Elles méritent mieux qu’un aller-retour express. 6 jours depuis Brest, c’est un minimum pour faire les choses bien. 9 jours, c’est en quelque sorte un petit luxe qui peut laisser en plus l’occasion de faire escale en Cornouailles anglaise où il y a tant à voir aussi !

Les Scilly sont distantes de 100 milles nautiques depuis Ouessant (183 km). 130 depuis Brest. C’est donc environ 300 milles nautiques que nous parcourons sur le séjour. Au départ et au retour, nous empruntons des chenaux aux forts courants : chenal du Four, de la Helle, goulet de Brest. Nous composons avec, et parfois faisons escale en attendant que le courant s’inverse.

Envie de découvrir les Scilly en voilier ? Consultez notre programme de croisière 6 jours au départ de Brest →

Quand partir aux Îles Scilly ?

Chaque saison a son charme. Au printemps, l’archipel est fleuri de toute part. Le jardin exotique est à son apogée, les massifs de rhododendrons débordent de couleurs, les macareux sont visibles près de l’île d’Annet. L’été, évidemment, même si plus de monde, quoiqu’il n’y ait jamais de déferlement de touristes, tous ces gens logeant sur l’archipel. L’automne, pour ces lumières inimitables, le calme retrouvé après la saison, le petit piquant du matin quand on aime. Au besoin, la chaleur du poêle à bord après une journée de navigation alors que le soleil se cache…

Il faut noter qu’à toutes ces saisons, il peut y avoir de bonnes dépressions. Les météos sont suffisamment fiables aujourd’hui pour en être informé à l’avance. Il faut savoir changer de plan car subir un coup de chien aux Scilly n’est pas une partie de plaisir et peut s’avérer problématique. L’abri des rivières de Cornouailles peut être une alternative heureuse.

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Formalités : passeport et visa ETA

Et oui, vous l’avez deviné : depuis le Brexit, c’est le retour de la paperasse. Consultez notre article détaillé sur les formalités post-Brexit.

Passeport : Vous devez avoir un passeport valide et le communiquer à l’inscription. Nous réalisons en amont du voyage toutes les formalités douanières auprès des autorités britanniques.

ETA : Vous devez, au plus tard une semaine avant le départ, souscrire une ETA (Electronic Travel Authorisation), sorte de visa pour les Européens, valable 2 ans. Coût en 2026 : 19 €.

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Témoignages de nos équipiers

« Une semaine idyllique fin septembre sur Lord Jim II pour une transmanche vers les Scilly. Le bateau est superbe, très marin, performant, très bien entretenu et optimisé. Yann est un grand pro de la mer et de la vie en équipage. Il sait partager son expérience et l’agrémenter d’anecdotes et de conseils sur les sites visités. Tout ce qu’il faut pour faire une belle croisière. À une prochaine pour une virée en Cornouailles. »

Dominique

« Une superbe semaine passée à bord de Lord Jim II le magnifique ! Cap sur les Scilly après une petite pause à Molène ! De la bonne et belle navigation avec Yann, un capitaine pédagogue et à l’écoute ! La beauté et le charme des Scilly, les mouillages parfaits, la pleine lune sur la route retour et le passage d’Ouessant à couper le souffle… des images plein la tête ! C’était trop court ces quelques jours à bord, on en redemande. Un grand merci à Yann et à l’équipage pour sa bonne humeur. »

Christine

« Magnifique croisière aux Îles Scilly avec Lord Jim II, dans de très bonnes conditions climatiques et avec une bonne ambiance à bord. Merci Yann pour ta patience, ton écoute et l’excellence de ton enseignement. Merci aussi de nous avoir fait découvrir les plus beaux endroits de l’archipel, une course féminine de Gig (yoles traditionnelles), la pêche aux lieus jaunes, l’observation des phoques et enfin les meilleurs pubs de chacune des îles où nous avons fait escale. »

Christophe

« Mes plus belles navs… un voilier parfait, un capitaine clarinettiste passionné et une superbe découverte des Scilly ! Merci Yann ! »

Jojo